dimanche 5 mai 2019

Fröken Svensson

Quand nous nous sommes installés à Antibes, nous avons récupéré une magnifique chatte angora qui avait, sans doute, été abandonnée par les anciens locataires. Elle avait l’air si majestueux avec sa queue en panache que nous l’avons baptisée Fröken (Mademoiselle) Svensson.


Monique et Frôken Svensson (1969) 
 
Nous nous sommes aperçus un jour qu’un chien des environs prenait  notre maison pour son territoire car chaque fois qu'on ouvrait  la porte de notre galerie, nous sentions qu’il était passé par là ! Nous avons essayé le grésil, sans succès.
Un jour que nous étions dans la galerie et que Fröken Svensson se prélassait  sur l’un des fauteuils, Yvan, excédé, la prit et la déposa devant la porte en disant :  « Et toi, qui dors, tu ne peux pas faire ton travail et chasser ton ennemi héréditaire qui vient nous empuantir ! »

Qu’on le croit ou non  : à compter de ce moment, aucun chien ne pouvait passer dans notre rue sans qu’elle fonce dessus et le poursuive jusqu’aux limites de notre propriété ! Il  nous arrivait parfois d’entendre un bruit de galopades assortis de ouah ouah paniqués... Tiens, pensions-nous, Fröken Svensson régule la circulation canine de la rue !!

samedi 21 avril 2018

Hôtel sans étoiles


1985 (je crois !) Nous sommes en vacances en Argentine et décidons de nous rendre à San Carlos de Bariloche. Nous sommes en famille car nous avons récupéré le fils qui habite à l’époque en Argentine, à Mendoza.
Plus communément appelée Bariloche, la ville est le chef lieu de la capitale du Rio Negro, l’une des provinces de la Patagonie du nord.
Bâtie sur les bords du superbe lac glaciaire de Nahuel Huapi, au pied de la Cordillière des Andes, l’endroit est le plus grand domaine skiable du continent américain.
Il n'est pas question de ski, nous sommes en décembre, à la fin du printemps.
Pas de grands immeubles mais des maisons avec la base en pierre et le reste en bois dans le  style chalet : les Argentins ont  d’ailleurs surnommé Bariloche « la Suisse argentine ».
Les chambres qui nous ont été  réservées ne nous plaisent pas et nous partons à la chasse d’un meilleur séjour.
Notre choix s’arrête sur un petit bâtiment, même pas classé comme hôtel mais plutôt comme chambre d’hôte. Le prix des chambres avec petit déjeuner inclus est plus que raisonnable, et nous décidons d’habiter cet endroit pendant quelques jours.  Au rez-de-chaussée à part la réception, une agréable  salle-à-manger rustique. Une dame, que nous supposons être la patronne,  nous conduit au second étage par un escalier dont les marches sont recouvertes d’un tapis assez élimé. Quand elle nous ouvre la porte d’une des deux chambres, nous savons que nous avons fait le bon choix : un grand lit qui semble bien confortable recouvert d’une couette aux tons chauds, parquet impeccablement ciré, et, surtout, immense baie vitrée avec une vue magnifique sur le lac. Une jolie salle d’eau, avec des carreaux dans un camaieu de marron, avec les serviettes de bains assorties (qui seront changées chaque jour !). La chambre du fils est identique.
Nous avons voyagé plusieurs heures et nous décidons de nous reposer un peu. A la fin du printemps, dans cette région, la température est encore fraîche. Nous nous glissons  donc sous la couette et ce qui nous inquiète un peu est que nous n’avons pas de radiateur dans la chambre. Nous commençons à entendre des petits craquements au niveau du plancher. Après enquête, nous constatons  que le chauffage est intégré dans le sol !
Les petits déjeuners qu’on nous apporte chaque matin sont somptueux,  composés  de pâtisseries, de marmelades et de  confitures faites maison avec les baies et fruits des environs,  des  jus de fruits naturels, etc...
C’était le Negresco de Bariloche..mais en beaucoup moins cher et, certainement, un service bien plus personnalisé !
30/07/2016


lundi 13 mars 2017

Anémones pour ma mère



Maisons-Alfort – 6 semptembre 1963
Mon père et moi venons d’accompagner ma mère à sa dernière demeure.
Désemparés, nous décidons de  monter dans « La cigale », la 4 CV verte de mon père et de partir dans les Alpes Maritimes. Depuis plusieurs années, mes parents vont passer le mois de septembre dans la propriété d’une famille de Golfe Juan où ils louent un petit appartement.
Soleil, pétanque, parties de belotte acharnées et les bons petits plats que nous prépare la sœur de notre hôte  nous remontent le moral et nous regagnons la région parisienne décidés à affronter courageusement la vie sans maman.

La veille de notre départ, le propriétaire, que nous appelons Monsieur Guy, nous demande de l’accompagner. Nous grimpons dans sa camionnette. Sur les hauteurs de Golfe-Juan, avant d’arriver à Vallauris, nous nous arrêtons en bordure d’un magnifique champ d’anémones multicolores

S’adressant à moi, Monsieur Guy dit :
-Ce champ m’appartient.  Cueillez le plus possible que vous pourrez en emporter. Ce sera mon cadeau d’adieu à votre mère.
Soigneusement emballées, les délicates anémones  supportèrent très bien le voyage et quand nous les avons déposées sur la tombe de ma gentille et courageuse mère, elles donnaient l’impression d’avoir été fraîchement cueillies...

samedi 4 février 2017

Un mari "touche-à-tout" ? (3)



Un antiquaire d’Antibes vendait des instruments de musique. Il accepta de prendre l’accordéon en dépôt. Yvan remarqua dans la boutique un guéridon tripode Napoléon III qui lui plaisait. Il passa un accord avec l’antiquaire : l’accordéon contre le guéridon ! Marché conclu. Quelques semaines plus tard, l’antiquaire nous fit savoir que le guéridon nous attendait.

Le "guéridon-accordéon" est à Goiânia! Le plateau de marbre anthracite d’origine a été félé pendant le transport. Nous l’avons remplacé par du granit noir du Brésil.



mercredi 1 février 2017

Un mari "touche-à-tout" ? (2)



A la publication de la première partie de ce blog,  il y a deux jours, certains amis ont été étonnés de voir Yvan-le-Pacifique jouer les Dillinger  ou Guillaume Tell !!. 
Je leur réserve une autre surprise.. 
Notre ami Alex vouait une véritable passion pour le violon. Non seulement il les collectionnait, mais il en jouait. Ses ancêtres hongrois, peut-être ?

Yvan se mit à apprendre l'accordéon.


Tout ceci ne dura qu’un temps.
Pour l’accordéon, il fut contraint d’abandonner car il avait très mal au dos. Compte tenu de son ascendance en partie argentine, peut-être aurait-il dû choisir le bandonéon : c’est moins lourd !

(à suivre)