lundi 13 mars 2017

Anémones pour ma mère



Maisons-Alfort – 6 semptembre 1963
Mon père et moi venons d’accompagner ma mère à sa dernière demeure.
Désemparés, nous décidons de  monter dans « La cigale », la 4 CV verte de mon père et de partir dans les Alpes Maritimes. Depuis plusieurs années, mes parents vont passer le mois de septembre dans la propriété d’une famille de Golfe Juan où ils louent un petit appartement.
Soleil, pétanque, parties de belotte acharnées et les bons petits plats que nous prépare la sœur de notre hôte  nous remontent le moral et nous regagnons la région parisienne décidés à affronter courageusement la vie sans maman.

La veille de notre départ, le propriétaire, que nous appelons Monsieur Guy, nous demande de l’accompagner. Nous grimpons dans sa camionnette. Sur les hauteurs de Golfe-Juan, avant d’arriver à Vallauris, nous nous arrêtons en bordure d’un magnifique champ d’anémones multicolores

S’adressant à moi, Monsieur Guy dit :
-Ce champ m’appartient.  Cueillez le plus possible que vous pourrez en emporter. Ce sera mon cadeau d’adieu à votre mère.
Soigneusement emballées, les délicates anémones  supportèrent très bien le voyage et quand nous les avons déposées sur la tombe de ma gentille et courageuse mère, elles donnaient l’impression d’avoir été fraîchement cueillies...