Maisons-Alfort – 6
semptembre 1963
Mon père et moi venons
d’accompagner ma mère à sa dernière demeure.
Désemparés, nous décidons de
monter dans « La cigale », la
4 CV verte de mon père et de partir dans les Alpes Maritimes. Depuis plusieurs
années, mes parents vont passer le mois de septembre dans la propriété d’une
famille de Golfe Juan où ils louent un petit appartement.
Soleil, pétanque, parties de
belotte acharnées et les bons petits plats que nous prépare la sœur de notre
hôte nous remontent le moral et nous regagnons
la région parisienne décidés à affronter courageusement la vie sans maman.
La veille de notre départ,
le propriétaire, que nous appelons Monsieur Guy, nous demande de l’accompagner.
Nous grimpons dans sa camionnette. Sur les hauteurs de Golfe-Juan, avant
d’arriver à Vallauris, nous nous arrêtons en bordure d’un magnifique champ
d’anémones multicolores
S’adressant à moi, Monsieur
Guy dit :
-Ce champ m’appartient. Cueillez le plus possible que vous pourrez en
emporter. Ce sera mon cadeau d’adieu à votre mère.
Soigneusement emballées, les
délicates anémones supportèrent très
bien le voyage et quand nous les avons déposées sur la tombe de ma gentille et
courageuse mère, elles donnaient l’impression d’avoir été fraîchement
cueillies...
