mardi 27 décembre 2016

Les bonnes relations (suite)



Yvan avait gardé le contact avec la famille Maldonado. (cf mon blog du 21/10)


Carlos, l’ex-cancre en mathématiques a réussi à suivre des études supérieures !

En 1985, séjournant en Floride, nous  nous sommes  rendus quelques jours à Mexico.


J’ai ainsi fait la connaissance   de Maldonado junior et nous sommes allés passer une soirée Place Garibaldi, célèbre place de Mexico où se réunissent les orchestres de Mariachis. Les groupes viennent à la demande, et contre quelques pesos, jouer pour vous.

En dépit du tintamarre des trompettes, nous avons compris qu’il était  à la tête d’une organisation gouvernementale s’occupant de la protection de tribus amérindiennes du centre du Mexique. Il nous a proposé de nous emmener en avion dans l’un de ces villages. 


C’était un privilège rare car ces zones sont strictement interdites aux Mexicains eux-mêmes et encore plus aux étrangers. Nous avons du refuser car notre temps était limité et nous devions retourner à nos propres tribus africaines...

03/08/2016

jeudi 10 novembre 2016

NAKEN ! *



Yvan m’a raconté cette anecdote, qui s’est passée dans la Galleri Latina que son associée et lui avaient ouverte au début des années 60 à Stockholm.

En 1965, ils exposaient un artiste suédois un peu (très !) farfelu, Ian Hellström.

A part tableaux et gravures, avait été installée, à la demande  de Ian, une baignoire ancienne sur pieds, qu’il avait à moitié remplie de pierres de toutes couleurs..

Un jour, en arrivant à la galerie, Yvan est resté bouche bée : dans la fameuse baignoire, était allongée une jeune femme, entièrement nue, et qu’un photographe mitraillait allègrement. Ian explique que c’est une de ses amies qui avait accepté de poser pour garder un souvenir de son exposition.

Yvan demanda poliment à la copine de Ian de sortir illico de sa baignoire et d’entrer encore plus vite dans ses vêtements !

Le plus curieux de l’histoire est que les quelques visiteurs présents ne paraissaient pas du tout troublés par cette exhibition, et passaient près de la baignoire en y jetant un regard distrait !
En me racontant l'histoire, Yvan, toujours très sincère, ajouta "Elle était très belle" !!!



Ian Hellström - technique mixte (années 60)
Collection Monique et Yvan Avena


*Nue !

vendredi 28 octobre 2016

Paroles de grand mère



J’ai vécu chez ma grand mère paternelle de 1942 à 1947. 


Quand cette petite femme brune au teint mat posait sur son chignon un voile noir pour se rendre à la messe  le dimanche,  elle ne pouvait renier les ancêtres espagnols qui traînaient dans sa famille !
 
Paris 1915. Maria Binet et ses quatre enfants. Victor, Zenaïde, Eugène (mon père, le plus jeune) et Rose

Quelques souvenirs :


Un matin je la vis, assise sur le bord de son lit et se frottant le ventre. Inquiète, je lui demandai si elle se sentait mal.

-Non, ma fille. Mais avant de me lever, je dois remettre tout en place !


Les dernières années de sa vie, elle disait souvent :

-Je vais bientôt rejoindre mon petit vieux.

A noter que « son petit vieux », mon grand père, rescapé des tranchées de la Guerre 1914/1918, mais,  comme on disait alors « gazé de guerre », est décédé avant d’atteindre ses 57 ans. 


Les effusions, avec grand mère, n’étaient pas le genre de la maison. Quand je m’approchais d’elle pour l’embrasser,   elle me repoussait en disant :

-Allez, allez, caresses de chiens ça donne des puces !

J’aime à croire qu’elle se conduisait ainsi    quand j’avais commis une sottise et que je voulais me faire pardonner...

...Car je sais qu’elle m’aimait profondément.

vendredi 21 octobre 2016

Les bonnes relations



Stockholm. Fin des années 50.

Je n’ai pas vécu ces évènements qui m’ont été contés par Yvan que  je ne connaissais pas encore ; il était marié, à l’époque, avec sa première épouse.

Il travaillait depuis quelques années dans une importante société suédoise « AGA » un peu l’équivalent (et l’un des concurrents) de « AIR LIQUIDE » en France.

En tant que dessinateur industriel, il était dans le service  des phares et balises, un important secteur de la société. Mais il s’ennuyait. Le fait qu’il était sans doute à l’époque un des dix spécialistes au monde dans ce domaine lui importait peu : il en avait ras le bol de dessiner des phares et des balises !

Il sait que AGA a une filiale à Buenos Aires. Un retour sur les lieux de sa jeunesse ne lui déplairait pas.

En Suède, il est plus facile d’accéder à la direction de l’entreprise que dans le reste de l’Europe. Il parvient donc facilement à être reçu par le Président de AGA, Gunnar DALEN, qui n’est autre que le fils aîné de Gustav DALEN, fondateur de AGA et Prix Nobel de physique en 1912 pour ses travaux, précisément, sur les phares et balises.

Le Président l’écoute poliment, lui répond qu’il n’a que faire de sa demande, et lui montre la porte.

Yvan est déçu, mais n’est pas découragé.

Quelques semaines plus tard, un évènement va changer le cours de sa carrière à AGA.

Il est un habitué de  l’Ambassade du Mexique en Suède car Il donne régulièrement  des cours de mathématiques à l’un des fils de l’Ambassadeur. Il n’est pas rare que l’Ambassadeur et son épouse l’invitent à prendre un verre ou le gardent à dîner.

A l’occasion d’une commémoration quelconque, il est invité à une grande réception à l’Ambassade du Mexique.

A un moment donné, l’Ambassadeur appelle son attention en lui disant :

-Tiens, Yvan. Je pense qu’il est inutile que je te présente. Tu connais le Président de ta Société ?

Et Yvan de se retrouver devant celui qui  l’avait fichu à la porte !

On est entre gens de bonne compagnie. Les deux hommes échangent quelques propos anodins et vont chacun de leur côté.

Quelques jours plus tard, Yvan est appelé chez le Président.

-Bon, Le directeur de notre filiale à Buenos Aires prend sa retraite dans un an ½ ; Le poste sera pour toi.* Mais durant cette période, tu vas passer dans tous les services de la société afin de tout savoir sur notre travail, nos objectifs et nos plans pour l’avenir. J’ai donné des instructions en conséquence. Bonne chance !

Et Yvan a cessé de s’ennuyer... 

Commentaires personnels

Je pense qu’il  y  a eu beaucoup de malignité de la part  de S.E. M. Maldonado. Sans doute Yvan avait dû lui raconter sa fin de non recevoir !





                  Paru dans le journal de la société AGA, sous le tître « Avena retourne en Argentine »



Courant 1962, Yvan s’embarquait pour l’Argentine sur un cargo de commerce suédois avec femme et enfant, pour prendre son poste à Buenos Aires.
L’affaire a mal tourné : les Argentins avaient leur propre candidat pour la succession et Yvan n’a pas gagné la bataille. Ils sont retournés en Suède l’année d’après.





 *En Suède, à partir du moment où les gens se sont présentés en échangeant leurs noms, le tutoiement est de rigueur, quelles que  soient les fonctions des personnes.