J’ai
vécu chez ma grand mère paternelle de 1942 à 1947.
Quand
cette petite femme brune au teint mat posait sur son chignon un voile noir pour
se rendre à la messe le dimanche, elle ne pouvait renier les ancêtres espagnols
qui traînaient dans sa famille !
Paris 1915. Maria Binet et ses quatre enfants.
Victor, Zenaïde, Eugène (mon père, le plus jeune) et Rose
Quelques
souvenirs :
Un
matin je la vis, assise sur le bord de son lit et se frottant le ventre.
Inquiète, je lui demandai si elle se sentait mal.
-Non, ma fille. Mais avant de me lever,
je dois remettre tout en place !
Les
dernières années de sa vie, elle disait souvent :
-Je vais bientôt rejoindre mon petit vieux.
A
noter que « son petit vieux », mon grand père, rescapé des tranchées
de la Guerre 1914/1918, mais, comme on
disait alors « gazé de guerre », est décédé avant d’atteindre ses 57
ans.
Les
effusions, avec grand mère, n’étaient pas le genre de la maison. Quand je
m’approchais d’elle pour l’embrasser,
elle me repoussait en disant :
-Allez,
allez, caresses de chiens ça donne des puces !
J’aime
à croire qu’elle se conduisait ainsi
quand j’avais commis une sottise et que je voulais me faire pardonner...
...Car
je sais qu’elle m’aimait profondément.

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