Nous sommes en avril 1969.
Nous venons d’ouvrir notre galerie Art Club à Antibes avec l’exposition des oeuvres
d’un peintre finlandais que nous avons repéré lors d’un séjour à Helsinki, Pauli
Vuorisalo, pour ne pas le nommer.
Pauli est jeune (25 ans), assez
bel homme, mais renfrogné et ronchon,
isolé entre les barrières de sa langue, car il ne parle que le finnois.
Pour pallier cet
inconvénient, il a mis dans ses bagages une dame assez rondelette, lui servant
d’interprète et, souvent, de
souffre-douleurs...
A noter que l’interprétariat est assez réducteur car il se fait du finnois
au suédois !
Les deux protagonistes
logent chez nous et partagent nos repas.
Un soir, vers 22 heures,
nous dînons tous les quatre et nous en sommes au dessert. Subitement, Pauli dit
quelques mots à son interprète. Celle-ci nous traduit : « Le Maître –
ainsi l’appelait-elle – voudrait des fraises ! ».
Mon suédois n’est pas
suffisant pour m’adresser directement à l’interprète. Aussi dis-je à Yvan
en français, d’assurer au « Maître » que malgré mon grand souci de
lui être agréable, je doute de trouver des fraises dans Antibes à une heure
aussi tardive ! La phrase repart à son destinataire via l’interprète, très
ennuyée – à juste raison d’ailleurs si
nous en jugeons d’après l’expression mécontente
de Pauli ! - de ne pouvoir
donner satisfaction à son peintre....


Microhistoire de l'art
RépondreSupprimerAvec deux blogs à nourrir, te voilà bien occupée, et pour nous un peu plus de lecture. Des articles toujours très intéressants , agrémentés de bien belles photos.
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