vendredi 21 octobre 2016

Les bonnes relations



Stockholm. Fin des années 50.

Je n’ai pas vécu ces évènements qui m’ont été contés par Yvan que  je ne connaissais pas encore ; il était marié, à l’époque, avec sa première épouse.

Il travaillait depuis quelques années dans une importante société suédoise « AGA » un peu l’équivalent (et l’un des concurrents) de « AIR LIQUIDE » en France.

En tant que dessinateur industriel, il était dans le service  des phares et balises, un important secteur de la société. Mais il s’ennuyait. Le fait qu’il était sans doute à l’époque un des dix spécialistes au monde dans ce domaine lui importait peu : il en avait ras le bol de dessiner des phares et des balises !

Il sait que AGA a une filiale à Buenos Aires. Un retour sur les lieux de sa jeunesse ne lui déplairait pas.

En Suède, il est plus facile d’accéder à la direction de l’entreprise que dans le reste de l’Europe. Il parvient donc facilement à être reçu par le Président de AGA, Gunnar DALEN, qui n’est autre que le fils aîné de Gustav DALEN, fondateur de AGA et Prix Nobel de physique en 1912 pour ses travaux, précisément, sur les phares et balises.

Le Président l’écoute poliment, lui répond qu’il n’a que faire de sa demande, et lui montre la porte.

Yvan est déçu, mais n’est pas découragé.

Quelques semaines plus tard, un évènement va changer le cours de sa carrière à AGA.

Il est un habitué de  l’Ambassade du Mexique en Suède car Il donne régulièrement  des cours de mathématiques à l’un des fils de l’Ambassadeur. Il n’est pas rare que l’Ambassadeur et son épouse l’invitent à prendre un verre ou le gardent à dîner.

A l’occasion d’une commémoration quelconque, il est invité à une grande réception à l’Ambassade du Mexique.

A un moment donné, l’Ambassadeur appelle son attention en lui disant :

-Tiens, Yvan. Je pense qu’il est inutile que je te présente. Tu connais le Président de ta Société ?

Et Yvan de se retrouver devant celui qui  l’avait fichu à la porte !

On est entre gens de bonne compagnie. Les deux hommes échangent quelques propos anodins et vont chacun de leur côté.

Quelques jours plus tard, Yvan est appelé chez le Président.

-Bon, Le directeur de notre filiale à Buenos Aires prend sa retraite dans un an ½ ; Le poste sera pour toi.* Mais durant cette période, tu vas passer dans tous les services de la société afin de tout savoir sur notre travail, nos objectifs et nos plans pour l’avenir. J’ai donné des instructions en conséquence. Bonne chance !

Et Yvan a cessé de s’ennuyer... 

Commentaires personnels

Je pense qu’il  y  a eu beaucoup de malignité de la part  de S.E. M. Maldonado. Sans doute Yvan avait dû lui raconter sa fin de non recevoir !





                  Paru dans le journal de la société AGA, sous le tître « Avena retourne en Argentine »



Courant 1962, Yvan s’embarquait pour l’Argentine sur un cargo de commerce suédois avec femme et enfant, pour prendre son poste à Buenos Aires.
L’affaire a mal tourné : les Argentins avaient leur propre candidat pour la succession et Yvan n’a pas gagné la bataille. Ils sont retournés en Suède l’année d’après.





 *En Suède, à partir du moment où les gens se sont présentés en échangeant leurs noms, le tutoiement est de rigueur, quelles que  soient les fonctions des personnes.


2 commentaires:

  1. Oui ! Je n'aurais pas eu assez d'imagination pour l'inventer ! Même ta mère a réagi (vois son facebook)

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